L'histoire de Génelard, par PA.GE

 

L’Histoire de Génelard …. en résumé

 

 

On présente ici l’histoire de Génelard en quelques tableaux ; Ces documents sont produits à partir du livre :

 

Génelard, histoire d’un village en Bourgogne du Sud,

 

édité en 2005 par l’association locale PA.GE « Patrimoine Génelardais ».

 

La situation

Les premiers occupants

Les débuts de l’histoire

La période du Moyen Age

La fin de l’Ancien Régime

La vie quotidienne des habitants

Le Canal du Charolais

La période révolutionnaire.

Le XIXe Siècle

L’industrie

Les guerres

La période moderne

 

 

 

 

La situation

 

Génelard est située sur le cours de la Bourbince.

Orientée sud-ouest nord-est comme celles de l’Oudrache et de l’Arroux, cette vallée porte la marque géologique du plissement alpin. Le vieux massif granitique qui englobe le Massif Central a subi de violents bouleversements il y a 350 millions d’années. Il émerge d’une part vers Uchon puis le Morvan, de l’autre côté sur l’arête du Mont-Saint-Vincent et de Suin.

Le climat chaud et humide, la végétation abondante ont aidé à combler les vallées profondes ; il en reste les gisements de charbon. L’envahissement par la mer entre 200 millions d’années et la rupture du Crétacé (disparition des dinosaures 65 millions d’années) a complété le modelage par des dépôts calcaires.

Il en résulte tout un échantillonnage de minéraux qu’exploiteront les occupants de la région.

 

Les premiers occupants

 

Des traces de Néanderthaliens (80 000 ans) dans la vallée de l’Arroux, des compagnons de Cro-Magnon (35 000 ans) pointés à Solutré nous indiquent que la présence humaine est ancienne dans notre paysage. Des silex taillés, trouvés à Chassey (vallée de la Dheune) et plus près à Oudry nous le confirment.

 

 

Une enclume de bronze, parmi d’autres objets trouvés à Laugère en 1975, a été datée de 1150 à 1100 avant JC.

Une statuette de sanglier, également en bronze, avait été mise au jour en 1867 lors de travaux, et se trouve maintenant au musée de Saint-Germain en Laye. Elle est un peu plus récente.

Ces trouvailles témoignent d’une présence humaine très ancienne ; ces premiers génelardais, avaient déjà une vocation industrielle.

 

Un peuple celte, localisé en Europe de l’est (Bohème, Autriche) vers -800, envahit ou s’étend dans la région entre -600 et -400. Ceux qui se fixent dans notre espace, les Eduens, seront les ancêtres des Gaulois rencontrés par les Romains en -58, à Montmort près de Toulon sur Arroux.

Cette civilisation était structurée, bien organisée avec sa capitale à Bibracte ; mais contrairement aux nouveaux venus, elle n’a pas laissé de traces écrites.

 

Les débuts de l’histoire

 

Comme on le sait Jules César et les troupes romaines envahissent puis colonisent la Gaule vers 58 avant JC. Pour supplanter Bibracte, une grande cité voit le jour : Augustodunum (Autun). Un camp romain est établi à Colonne (vers Saint-Aubin).

Le rayonnement d’Autun va contribuer au développement du réseau de communication et du commerce. Génelard se trouve sur l’axe Autun-Lyon. Mais, la domination romaine va s’affaiblir bien avant la chute de l’Empire.

 

L’invasion des Alamans (269), la réaction de Gondebaud (479) sont des repères sur les mouvements historiques. Des sarcophages trouvés place de l’église vers 1879, indiquent une présence à l’époque mérovingienne (6e à 8e siècle).

 

Le Charolais, comme entité propre, prend forme après les partages des héritiers de Charlemagne, et s’inscrit dans le paysage féodal ; jusqu’en 973 il appartient à Lambert, comte de Chalon.

Les monastères, nombreux à cette époque vont interférer avec l’ordre féodal ; Cluny, Paray-le-Monial, et plus près Perrecy sont les principales fondations liées à l’Eglise.

 

La période du Moyen Age

 

Un document étudié par la Société Eduenne laisse à penser que lors de la 3e croisade, Richard Cœur de Lion et son armée seraient passés à Génelard en juillet 1190.

 

Les documents deviennent alors plus précis. Le Charolais est érigé en Baronnie en 1272, puis en Comté en 1316. La baronnie et son bailli contrôlent 6 châtellenies ; parmi elles la châtellenie du Sauvement, tenue par Guillaume de Génelay en 1307.

 

Les familles nobles qui dirigeront le pays apparaissent à tour de rôle : les De Busseul (1415, 1442), les De Ganay (1442), les D’Amanzé (1613).

Les noms des fiefs ou terriers deviennent récurrents, Laugère, Montéguillon, Liman avec des installations humaines, des exploitations agricoles, des moulins, des étangs.

 

Le premier pont établi sur la Bourbince vers l’Ecart date de cette époque.

 

C’est aussi la période où sévissent des Ecorcheurs (1437-1443), soldats mercenaires que la trêve consécutive à la paix d’Arras (1425) a dégagé de toute autorité et livré à eux-mêmes. Le plus célèbre Rodrigue de Villandrando tient tête aux troupes du Duc de Bourgogne.

 

Il est fait mention du château de Laugère pour la première fois en 1445. Il remplace alors une « maison forte » implantée au même endroit.

 

La fin de l’Ancien Régime

 

En 1658, en rachetant Laugère aux D’Amanzé, Pierre de Ganay devient seigneur de Laugère, Montéguillon, Génelard, Fautrène, le Seul, Les Places, Les Champs, Vernizy, … quasiment tous les domaines de Génelard.

 

Plusieurs châteaux sont mentionnés qui ont disparu, Laugère, Montéguillon, la Tour (détruit pour faire passer le chemin de fer). Celui de Liman est toujours en place.

 

La famille Mayneaud apparaît en 1719, en achetant la seigneurie des De Ganay ; elle y joint celle de La Tour, et fait construire le château actuel en 1744, qui remplacera celui de Laugère.

 

Le droit féodal déléguait au vassal l’exercice de la justice et celui de percevoir l’impôt. Le seigneur de Laugère avait ainsi pouvoir de Haute, Moyenne et Basse Justice. L’habitude de concéder ces pouvoirs à de petits propriétaires sous formes de « charges » va en augmenter le coût final et excéder les payeurs.

 

 

 

La vie quotidienne des habitants

 

Les Génelardais de cette époque (1600 à la Révolution) sont majoritairement des paysans ; ils exploitent des manses, petites propriétés faites de quelques terres entourant une maison basse, souvent couverte de chaume, ou parfois de tuiles car la région possède plusieurs tuileries. Ces habitations, les meix, ont peu d’ouvertures, généralement une seule pièce avec une cheminée, avec un mobilier sommaire, des coffres.

L’objectif de chacun est l’auto - suffisance ; on cultive tous les légumes, on élève de la volaille, des lapins, un porc pour améliorer l’ordinaire. Des moutons pour la laine, Des chèvres ou une vache pour le lait,

Lorsqu’on possède un bœuf pour le labour, on est déjà riche. Pour avoir de meilleures récoltes (on ne parle pas encore de rendement), il faut alterner les cultures et observer des phases de jachère.

On travaille de plus en plus en communauté ; les seigneurs concèdent quelques avantages à ceux qui pratiquent cette formule (l’argent rentre mieux, il n’y a qu‘un interlocuteur …).

L’habitat est dispersé mais parfois, à la faveur des communautés, il est rassemblé dans un hameau, avec un artisan, une échoppe, un bistrot.

On doit aussi filer le chanvre, couper du bois, assumer une partie des charges sous forme de corvées.

 

Le bourg rassemble autour de l’église quelques marchands, quelques boutiques ; on y vient une fois la semaine pour le marché, et pour la messe. Il y a aussi les 4 grandes foires, annuelles accordées par un édit royal de ….

 

Il y a aussi autour de ce monde paysan tout un vivier industriel fondé sur une pléiade d’artisans plutôt que sur de grandes entreprises. On a parlé des tuileries ; Ce sont aussi les tailleurs de pierre, dans le domaine du bâtiment. Les menuisiers, les charpentiers complètent ce secteur.

Dans le domaine du bois, on trouve encore les tonneliers, les charrons, car le commerce et les transports ont des besoins : Ainsi, le transport de vin du Chalonnais en charrettes vers la Loire, pour embarquement (un rapport de curé estime en 1757 à 15000 pièces de 228 litres par an)

Les scieurs de long, les sabotiers, les charbonniers et fendeurs de bois ont une activité plus saisonnière.

Le textile occupe les fileurs de chanvre, les cardeurs de laine, quelques tailleurs d’habits.

 

Les forgerons, les maréchaux s’affairent autour du métal, car on a trouvé du fer au « Minerai » (entre Fautrenne et la Valtreize) vers 1645 ; il est dans un premier temps dirigé au Verdrat ou à Perrecy où il y a des forges depuis 1615.

 

 

Le Canal du Charolais

 

Colbert en son temps avait déploré l’état calamiteux des routes du royaume ; peu de choses avaient été entreprises. Suite aux relevés de Cassini, vers 1750, une route Charolles-Autun avait été tracée, passant par Génelard.

Pour les transports lourds, comme le vin, ce n’est pas suffisant ; la circulation du bois par flottage crée des conflits avec les exploitants de moulins ; l’idée d’un canal empruntant les vallées de la Dheune et de la Bourbince est dans l’air depuis plus d’un siècle. Le projet d’Emiland Gauthey (1732 - 1806) vient d’être agréé.

 

L’impact à Génelard va être considérable :

- Sur le plan du paysage d’abord : En effet le relief qui amène le bourg de Génelard à dominer la grande boucle de la Bourbince était bien embarrassant pour l’architecte. L’idée d’une tranchée de 400 m de long était séduisante pour raccourcir le parcours sans gêner toute une foule de riverains, même si deux ponts allaient être nécessaires pour maintenir la cité en contact avec la rive gauche de la rivière (et le reste du monde).

- Sur le plan du chantier, un nombre important d’ouvriers allait vivre et résider à Génelard un long moment. (Unes estimation porte à une centaine d’ouvriers l’effectif nécessaire pour ce chantier). Un Régiment fut réquisitionné pour hâter les travaux, avec un succès relatif … et des ennuis collatéraux. Les travaux s’étendent de 1783 à 1793.

- Sur le plan de l’activité future, avec les deux ports prévus, le commerce et l’industrie allaient se développer.

 

La période révolutionnaire.

 

Les travaux du Canal ne mirent pas Génelard à l’écart de la Révolution.

Les mauvaises récoltes de 1788, ajoutées à tous les griefs d’ampleur nationale y sont perçus comme ailleurs. Au printemps 1789, Edme Bérault et Gaspard Douheret sont députés pour porter le cahier de doléances à Charolles.

 

Le châtelain Jean-Baptiste Mayneaud est arrêté quelques temps ; le curé Blandin sommé de prêter serment à la constitution le 20 février 1791. Le clocher de l’église est abattu. Lorsque les biens de l’église sont mis en vente, J-B. Mayneaud, revenu, parvient à racheter l’église et le presbytère.

 

Avec l’empire le calme revient, le châtelain est alors nommé Baron d’empire ; ses deux fils mourront lors de la campagne de Russie, mais sa fille Adèle épouse le Comte Camille de Tournon, un proche de Napoléon (1778-1833) qui l’a accompagné en Egypte, et qui sera préfet de Rome. Après la défaite de l’empereur, Génelard doit subir l’occupation autrichienne en 1814.

 

Le XIXe Siècle

 

L’agriculture reste le maillon fort de l’activité. Le métal plus accessible permet l’amélioration de l’outillage et des techniques ; le cheval est plus présent ; le maïs, la pomme de terre améliorent les revenus. La promotion de la race charolaise initiée par Emillien Mathieu, invite à offrir une plus grande part à l’élevage.

 

L’industrie profite au maximum des atouts que lui offre le canal. Avec les chantiers de construction et d’entretien de la batellerie, d’abord.

Le port permet l’exportation des pavés de Sylla.

La céramique, qui était déjà présente, se développe : tuileries Baudot-Piessat, Baudin (Ecart), Pajot à Civry. Toute la vallée en profite (importantes briqueteries de Ciry, et au Montet (Palinges)).

D’autres entreprises viennent élargir le champ des activités : tanneries (Brosse – Villevière), selliers, fabricants d’agrafes (Loison), de bondes (Champrobert), de chevilles (Plédit).

Les activités autour du métal, ferronnerie, forgerons, maréchaux, se maintiennent.

 

Le sous-sol apporte une contribution supplémentaire.

- le gisement de fer du «  Minerai » (entre Fautrenne et la Valtreize) est davantage mis en valeur vers 1815, et ses produits dirigés vers le Creusot (autour de 8000 m3 de minerai en 1865).

- le gisement de charbon de Blanzy Montceau s’étend jusqu’à Génelard. Après la guerre de 1870, les besoins sont accrus. Suite aux sondages faits, la Société Nouvelle des Mines et Houillères de Blanzy obtient le droit d’exploiter par décret du 10 mars 1880. La Direction est fixée à Génelard « maison de la mine », les puits foncés à Romagne 1876-1879, à Bonin-Bonnot 1884-1887 (280 m) et à Chadzeau 1909-1924, exploité jusqu’en 1933.

 

Un autre coup de pouce favorable : le Chemin de fer

 

Décidé en 1863, ouvert en 1867, son implantation générale est parallèle au canal.

Pour avoir une gare et ses annexes, le bourg de Génelard doit encore céder de l’espace : 73 ares, et sacrifier la ferme de la Tour. Le chantier demande une saignée moins profonde, mais il faut deux ponts sur la Bourbince, et des remblais pour se prémunir de ses crues.

Un autre impératif est avancé : fournir de l’eau aux locomotives à vapeur ; l’accord passé entre la commune et PLM va entrainer bien des complications.

 

Les avantages du chemin de fer sont évidents : une facilité supplémentaire pour l’industrie lourde, mais aussi pour le transport de bétail, et bien sûr les passagers.

 

L’industrie

 

Face à toutes ces opportunités, ce sont de vraies usines qui vont s’enraciner à Génelard.

Alfred Fournier crée une fabrique de treuils en1868. Elle va s’étendre sous l’appellation Fournier et Cornu, puis Fournier-Mouillon, et étendre son expertise à tout le matériel de mines.

 

Pierre Villeneuve se lance dans la fabrication de machines à vapeur ; sa progression est voisine de celle de son concurrent. Il s’associe à Joseph Ponceblanc sous l’enseigne Villeneuve-Ponceblanc, puis en 1933 « Louis Ponceblanc et Cie ». L’entreprise va travailler pour des entreprises locales (Cérabati …) et même nationales (Creusot-Loire, Michelin, Framatome).

 

D’autres entreprises ont vu le jour à cette période. On citera ici seulement les Fonderies Rebeuf et Bézille dans un secteur d’activité qui continue de nos jours avec la Fonderie Charolaise.

 

 

Les guerres

 

Pour cette période récente, on se contente de citer des faits propres à notre cité ou notre région.

 

La guerre de 1870 :

 

Génelard eut un nombre important de jeunes mobilisés. Les revers lors des combats de l’automne créèrent une forte angoisse, qui connu son sommet lors de la Capitulation de Sedan.

On forma alors à Génelard deux compagnies de gardes nationaux de 200 hommes et on a eu du mal à les équiper.

L’armistice prématuré de Versailles (27 janvier 1871) mit fin à la période des combats. Les Compagnies de Francs-Tireurs, les privations imposées par le vainqueur et gérées par le gouvernement d’Adolphe Thiers, et surtout les épidémies consécutives à ces mouvements reportèrent le retour au calme qu’en 1873 avec la présidence de Mac-Mahon.

 

La Troisième République va implanter une institution fondamentale, l’école publique. Bien que favorable à l’école religieuse déjà en place, le châtelain va accorder un terrain pour permettre la construction de l’école, en 1886.

 

La guerre de 1914-1918

 

Bien que la tension soit vive depuis 1912-1913, c’est l’abattement le 2 aout 1914 avec la déclaration de guerre, puis bientôt le départ des jeunes mobilisés. Reste l’espoir d’un conflit rapidement expédié.

La réquisition des chevaux est plutôt bien acceptée, sans doute un élément stratégique qui peut emporter la décision.

En septembre il faut déchanter, les Allemands sont à 40 km de Paris ; on compte déjà 13 morts parmi les jeunes génelardais ; il y a de nombreux blessés et la Marquise de 

Croix va bientôt proposer son château pour recevoir des convalescents : « l’Ambulance de Génelard » hébergera 20 à 25 pensionnaires jusqu’à la fin du conflit.

Des réfugiés de Meurthe et Moselle arrivent à Génelard.

Le conflit s’inscrit dans la durée. En l’absence des ouvriers partis au front, et face aux besoins des armées, les ateliers Fournier embauchent des femmes.

Les journaux sont discrets sur le déroulement des combats, mais les lettres et les passages en permission des combattants vont permettre aux habitants de se faire une idée de la guerre de tranchées. Les 15 génelardais morts de 1915, puis les 11 de 1916 aident aussi à en dresser le bilan. 4 morts encore en 1917 et on se demande comment cela va finir. Car les Russes s’engagent dans une révolution, les Américains rejoignent le front et les Allemands utilisent les sous-marins.

Le 11 novembre 1918 signe l’arrêt des combats. Il faudra encore du temps pour rétablir ceux qui reviendront blessés, pour revoir les prisonniers, les mutilés et pour penser à ceux qui ne reviendront pas.

 

La guerre 1939-1945

 

L’arrivée d’Hitler au pouvoir en 1933 avait été le point de départ d’une lente escalade. Après l’annexion de l’Autriche, ses velléités deviennent insupportables. Un accord avec les Russes permettrait de le contraindre, mais Staline ne rassure pas les Anglais ni les Français.

Le pacte de non-agression germano-soviétique, puis l’entrée en Pologne déclenchent les hostilités. Et la mobilisation en France.

On vit à nouveau l’épisode de la séparation ; les troupes vont se masse derrière la ligne Maginot … et il ne se passe rien. C’est la « drôle de guerre ». Le temps d’écraser la Pologne, de s’assurer de la prudence soviétique, … d’obtenir un relâchement de l’armée française.

Le 10 mai, l’offensive allemande se déploie dans les Ardennes. Un nouvel outil, la radio, qui devrait tenir la population informée, débite ses incohérences, sa propagande. Des hordes de réfugiés traversent Génelard dans le plus grand désordre, contredisant le message officiel. Le 24 mai, un semblant de pause, pour apprendre que les Allemands sont à Dunkerque enfermant les troupes anglaises et des unités françaises. Le 5 juin, l’avance reprend ; le 14 Paris est pris.

Le dimanche 16 juin Génelard est bombardée ; l’usine Fournier et la voie ferrée : les témoins croient reconnaître des cocardes italiennes. Il faudra plusieurs décennies et l’accès aux archives allemandes, pour faire la preuve que c’étaient une patrouille de reconnaissance allemande.

Le lendemain circulent quelques motos et le 19, en même temps que l’armistice, des troupes s’installent à Génelard : Un contingent à l’école ; un état-major au château, le commandement réquisitionne la mairie et une maison centrale du bourg. Plusieurs officiers sont logés chez l’habitant.

Le 3 juillet, les Génelardais sont dans l’incompréhension : la marine française est décimée à Mers-el-Kébir, par la flotte anglaise. 3 Génelardais y étaient présents ; l’un d’eux y perdra la vie.

Bientôt, les nouvelles dispositions apparaissent : la Ligne de démarcation qui suit le canal traverse Génelard ; les contrôles s’instaurent. Le temps de s’y adapter, de monter quelques arrangements et la Ligne est déplacée de quelques kilomètres, englobant de nouveaux secteurs vers Saint-Bonnet, Grandvaux.

Les réquisitions allemandes déclenchent des privations ; on fait profil bas en espérant le retour des prisonniers.

Juillet 1941, les troupes conquérantes partent pour le front est remplacées par des fonctionnaires plus tâtillons : les privations s’accentuent, le rationnement est instauré. Les exigences allemandes sont de plus en plus mal vécues. On se débrouille en bricolant des « ersatz ».

L’entrée en guerre des Américains et l’enlisement sur le front russe redonnent de l’espoir. On suit la radio de Londres ; la ligne préconisée par le général De Gaulle est désormais crédible.

Fin 1942, le bombardement du Creusot, l’envahissement de la France Libre exaspèrent les Français. Bientôt le STO aura un effet pervers ; certains ne parviennent pas à y échapper, mais beaucoup se cachent et vont constituer des maquis : Sylla, Beaubery, Marizy autour de Génelard.

Le 6 juin 1944, débarquement en Normandie ; les maquis commencent de harceler les troupes de l’Occupant, à entraver les mouvements utilisant le train.

Le 9 août un officier allemand, est attiré dans un guet-apens et tué par le maquis. 28 otages sont emmenés dans la Cour de l’école. Le corps reste introuvable ; le maire et le curé engagent des pourparlers ; l’arrivée d’une relève allemande ajoute à la confusion. Les otages sont relâchés.

Le 15 aout débarquement en Provence, puis remontée rapide de la vallée du Rhône par les Américains et les troupes de De Lattre. le 22 de maquis de Sylla vient harceler le contingent allemand dans son cantonnement, le bloquant sur place. 6 maquisards vont perdre la vie, mais la garnison se rend, laissant 27 prisonniers. Le lendemain, grâce à des renforts de Ciry, les Allemands reviennent, incendient une douzaine de maisons, font 2 morts civils, mais se replient le 27 aout.

Ce n’est que le 7 septembre avec la destruction du « Panzerzug n°32 » que les combats cesseront. Une grande partie des maquisards va rallier la troupe au sein du 4e Choc et participer à la victoire.

 

Le ministre des Armées, M. Max Lejeune attribuait une citation à notre village le 11 novembre 1948.

 

La période moderne

 

La fierté et la liberté sont vite retrouvées. Il faut plusieurs années pour apaiser des ressentiments obscurs et surtout retrouver le niveau de vie d’avant. Les usines, les artisans ont des commandes. Grâce au plan Marshall, des besoins nouveaux sont créés et bientôt satisfaits : l’eau courante, la machine à laver, le réfrigérateur, un peu plus tard la télévision, puis la voiture.

Les machines gagnent aussi le milieu agricole ; Les tracteurs, les moissonneuses-batteuses vont se répandre.

La vie publique, collective s’épanouit : La Fanfare renait, le corps des pompiers puis la caserne sont créés ; le comité de fêtes est fondé, qui va lancer la foire de Génelard, le prix cycliste … l’USG relance les sports.

On s’est efforcé d’oublier la guerre d’Indochine, mais pour l’Algérie, c’est plus difficile ; c’est plus près de chez nous et surtout on y a envoyé le contingent donc quelques génelardais.

C’est alors l’habitat qui se modernise : Des lotissements sont aménagés et les ménages ont accès à la propriété.

 

Mai 1968 voit surgir une agitation inattendue ; mais personne n’est capable de décoder le message ; le « choc pétrolier » va bientôt l’expliciter : la période euphorique des « 30 glorieuses » est terminée.

A Génelard, les industries qui dépendent de grands donneurs d’ordre se trouvent en difficulté, puis licencient.

Le mirage de la société de consommation va jouer ; la population génelardaise va délaisser son commerce local et aggraver la difficulté.

La population décline, mais de nouvelles entreprises s’installent, les autres se réorganisent. La cohésion sociale, les multiples associations maintiennent une vie agréable.